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L'ESP32 détecte un drone, mais ne décode pas sa vidéo

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L'ESP32 peut détecter passivement de nombreux drones grand public grâce au Wi-Fi, au BLE, au Remote ID, aux OUI, aux SSID et aux variations de RSSI. En revanche, elle ne peut pas décoder la vidéo DJI : les liaisons OFDM propriétaires exigent un SDR, une synchronisation précise et une analyse protocolaire dédiée.

Là où l'ESP32 est réellement utile

Je séparerais d'emblée cette idée en deux tâches totalement différentes : détecter un drone et recevoir son flux vidéo. En octobre 2026, l'ESP32 constitue une base raisonnable pour un détecteur passif. Dans son message d'origine sur X, Michal Schwarz évoque des expériences avec la carte et la possibilité de réutiliser des travaux antérieurs de rétro-ingénierie du firmware et du protocole DJI.

Pour un détecteur, les capacités de la carte suffisent : elle peut balayer le Wi-Fi et le BLE, rechercher le Remote ID, comparer les OUI de fabricants, les motifs de SSID et les champs de service, puis suivre l'évolution du RSSI. La documentation de Drone-Detector-V2 décrit six niveaux de détection de ce type ainsi qu'un balayage des canaux 1 à 13 dans la bande des 2,4 GHz. Il ne s'agit déjà plus d'un simple indicateur d'activité radio, mais d'une base de classification des émetteurs observés.

Une autre source pratique, Open Drone ID Core C, propose des outils pour encoder et décoder les messages Open Drone ID, ainsi que des exemples de récepteurs ESP32. Les projets DroneRX et PK_SkySpy illustrent la même idée architecturale : l'ESP32 est pertinente lorsque le drone diffuse lui-même des données d'identification via un mécanisme de diffusion compatible.

Pour la vidéo, la limite est bien plus stricte. Les liaisons radio avancées de DJI emploient leurs propres variantes d'OFDM dans les bandes 2,4 et 5,8 GHz, et les études publiées décrivent des canaux descendants de 20 MHz. Dans certaines mesures, les signaux DroneID occupaient environ 9,38 à 10,91 MHz, ce qui exige une capture et une synchronisation précises, et non un simple sniffing Wi-Fi.

Un détecteur est possible, pas un récepteur universel

La conclusion pratique est simple : l'ESP32 peut devenir un capteur passif et peu coûteux de présence de drones, mais pas un récepteur vidéo DJI complet. Le travail approfondi sur la couche physique nécessite une capture SDR, le contrôle de fréquence et une implémentation distincte de la démodulation du protocole. La rétro-ingénierie du firmware est utile, mais ne remplace pas une chaîne radio adaptée.

Avant la portée, je vérifierais la couverture de détection pendant le changement de canal. Tant que l'ESP32 écoute une partie de la bande, un paquet bref peut passer ailleurs ; le RSSI et une correspondance d'OUI peuvent aussi classer à tort un appareil ordinaire comme drone. Un prototype robuste doit donc combiner plusieurs indices plutôt que de se fier à une seule adresse MAC ou à un SSID.

L'aspect le plus intéressant n'est pas de tenter de faire accomplir à une carte bon marché le travail d'un SDR. La valeur d'ingénierie réside dans une séparation honnête des couches : l'ESP32 détecte et classe les indices de diffusion accessibles, tandis qu'une chaîne radio spécialisée analyse le signal propriétaire. Cette frontière déterminera si l'on obtient un capteur utile ou seulement un indicateur de spectre bruyant.

Nous avons aussi étudié le cas de Codex 5.2 sur Raspberry Pi et la manière de vérifier des démonstrations techniques sur du matériel réel. Cela rejoint l'ingénierie inverse des protocoles DJI, où les conclusions doivent reposer sur des mesures et des tests reproductibles.